Wednesday, May 13, 2009

Dennou Coil - Coil a Circle of Children



Dennou Coil, c’est un de ces ovnis animés comme seuls les studios japonais savent en faire, un étrange mélange entre humour et mystère, partageant le style graphique d’une oeuvre de Miyazaki et la profondeur virtuelle de Serial Experiments Lain au travers d’une série drôle et attachante, bercée par un secret qu’on ne cesse d’explorer au fil des épisodes sans jamais en cerner le sens, nous égarant toujours davantage dans les couloirs complexes d’un insaisissable monde virtuel.




Il est tout d’abord important de se replacer dans le contexte de l’histoire. Nous sommes dans un futur proche, en 2026, 11 ans après l’introduction sur le marché d’une gamme de lunettes ayant la capacité d’accéder à Internet pour permettre à son porteur de se connecter à un réseau de réalité virtuelle, lui permettant d’apercevoir des éléments virtuels intégrés dans la réalité simplement en les portant. La ville de Daikoku est le centre de cette technologie nouvelle, et est déjà intégralement équipée d’un réseau virtuel lorsque Yuuko Okonigi y déménage avec sa petite sœur Kyoko et ses parents. Rapidement, Yuuko (surnommée Yasako) intègre l’agence de détectives virtuels de sa grand-mère, une vieille peau très calée en informatique, connue sous le nom de Megabaa à Daikoku, elle y vend aussi des « metatags », éléments virtuels illégaux comme des cannes à pêche, des murs de briques, ou même des mitrailleurs et lance-missiles virtuels. Yasako fera rapidement la rencontre de Yuuko Amasawa (surnomée quand à elle Isako contre sa volonté), transférée elle aussi, fille froide qui ne cesse de rejeter le contact avec les autres, si ce n’est pour les exploiter à des fins personnelles bien mystérieuses. Yasako et son amie Fumi, qui fait aussi partie de l’agence de détectives, découvrent qu’elle est une hackeuse expérimentée qui chasse des illégaux (sortes de bugs vivants qui s’échappent parfois d’espaces obsolètes et dont les origines sont inconnues) à la recherche de la puissance d’une entité virtuelle mystérieuse que les légendes urbaines appellent Michiko. Au fil des épisodes, les protagonistes tenteront de lever le voile sur cet univers virtuel tout en se découvrant souvent eux-même et en réunissant peu à peu les pièces d’un immense secret qui pèse sur chacun d’eux, et sur la ville toute entière.




L’univers de la série est son principal point fort : même si la ville de Daikoku est comme n’importe quelle autre ville japonaise à première vue, dès qu’on porte des lunettes virtuelles la ville se découvre sous un tout autre aspect, transformant des lieux anodins en champs de bataille pour hackeurs, des bâtiments en construction en labyrinthes à l’espace virtuel imparfait et découvrant à certains endroits des espaces obsolètes d’où émane un brouillard virtuel troublant. Face à l’accroissement des entorses aux lois virtuelles de la ville, un anti-virus a été mis en place dans la ville, et c’est dorénavant un énorme bonhomme rouge qui parcourt les rues en traquant le moindre bug et en répétant à tout va « Moi Satchi ! » (Satchi = Satchimaton = Searchmaton = Automate de recherche), mettant nos protagonistes dans bien des situations gênantes puisque ceux-ci sont couverts de metatags qui, même s’ils ne sont qu’une entorse légère aux règles, sont supprimés sur le champ par Satchi, grillant au passage les lunettes virtuelles dont la réparation coûte assez cher. Ils peuvent néanmoins trouver refuge dans des temples ou des habitations, puisque le domaine d’action de Satchi se limite aux zones qui dépendent du ministère de la Poste, et qu’il est impossible pour lui d’aller au-delà, ou même de repérer quelqu’un qui s’y cache. Certains programmes permettraient même de créer de petites zones indépendantes à l’endroit désiré, quiconque se placerait à l’intérieur deviendrait invisible aux yeux de Satchi. Les illégaux sont aussi détruits sans pitié par Satchi et les sphères qui se détachent de son estomac, qui n’hésitent pas à lasériser la moindre anomalie qui se présente. L’objectif d’Isako est aussi un mystère très lourd, puisque ses capacités dépassent largement celle d’un utilisateur normal de lunettes, il semble même qu’elle puisse utiliser une fonction secrète des lunettes, Imago, qui permettrait à son utilisateur de les contrôler par la pensée. En outre, elle est capable de mettre en place des programmes complexes en dessinant des symboles virtuels spécifiques sur le sol, et prendra le contrôle du club de Daichi pour arriver à ses fins, l’excluant même de son propre club. Enormément de légendes urbaines circulent en ville à propos des lunettes et du monde virtuel, d’ailleurs à chaque début d’épisode Yasako nous en dévoile un fragment. On raconte que les lunettes peuvent faire tomber l’enfant qui les portes dans le coma lorsqu’elles sont en surcharge, que les illégaux cherchent à dévorer l’âme d’esprits innocents et même qu’une fille qui aurait disparu dans le monde virtuel erre parfois dans les espaces obsolètes, sont rire résonnant parfois dans le brouillard. L’humour prend aussi une place importante dans la série, comme lorsque dans un épisode des illégaux minuscules trouvent refuge sur le visage des protagonistes pour leur donner une barbe en y développant une civilisation, et finissent pas partir à la recherche d’une terre promise après une guerre nucléaire sans merci entre barbes, une manière peu commune d’aborder le problème de la guerre ! C’est un vrai régal de découvrir les multiples facettes de ce monde virtuel, et les liens qui l’unit avec le monde réel, au travers des épisodes de la série tout en assistant à une chasse aux métabugs, petites pierres précieuses de grande valeur et à l’éclaircissement d’un mystère qui ne cesse d’en faire apparaître d’autres bien plus complexes.




Même si l’univers de la série est très recherché, les personnages ne sont pas en reste. Les liens qui les unissent sont très complexes, et son à merveille mis en image par le monde virtuel qui les entoure lorsqu’ils portent les lunettes, et que la réalité se confond au virtuel. Leurs caractères sont souvent opposés, et leur affinité ne se limite donc pas aux points qu’ils ont en commun. Yasako est par exemple une fille calme et posée, pas très débrouillarde mais pleine de bons sentiments, alors que Fumi est beaucoup plus expressive, et se chamaille à longueur de temps avec Daichi, petit morveux qui révèle pourtant beaucoup de points positifs qui le rendent attachant au fil des épisodes. Yasako n’abandonnera d’ailleurs jamais l’idée de devenir amie avec Isako, même si celle-ci la rejette constamment, concluant que Yasako dépend des autres parce qu’elle était persécutée dans son ancien établissement. La psychologie des personnages dépasse même le cliché du « grand méchant », puisqu’il n’y en a pas vraiment, on assiste simplement à un conflit entre des personnes humaines qui tentent de se comprendre mutuellement, ou se sont éloigné après avoir vécu plusieurs expériences ensemble, la série nous expose aussi à une certaine vision de l'enfance. Le personnage d’Haraken est par exemple très touchant, même si sa constante apathie est plus énervante qu’autre chose au départ, il se révèle être beaucoup plus attachant lorsqu’on découvre le lien profond qui l’unissait avec Kanna, son amie injustement fautive dans son propre décès. Ce lien avec l’univers virtuel est aussi un moyen de souligner la distance qui sépare les personnages, comme par exemple lorsque Yasako caresse la fourrure de Daisuke, son chien virtuel, alors qu’elle ne peut pas la sentir. De nombreuses autres métaphores viennent compléter la série, de manière parfois imperceptible, pour la plupart on a du mal à en déceler le sens mais leur présence reste indiscutable, comme lors de l’épisode où nos protagonistes ont affaire à un illégal qui se nourrit de textures, montrant bien qu’il adore les rouges et déteste celles qui ont une couleur noire. Des métaphores d’une importance capitale qui se retrouvent même dans l’humour de la série comme avec les Mojos, ces petits tas de poils virtuels hilarants qui forment un joyeux squad pour servir l’autoritaire Isako. La petite sœur de Yasako est aussi un personnage secondaire important, puisqu’elle incarne l’innocence même (ce qui ne l’empêche pas d’être une petite sœur très turbulente) et s’avère être une cible de choix pour les illégaux. Des personnages variés dont les caractères se complètent et diffèrent sans pour autant aller vers le même objectif.




La particularité de Dennou Coil se retrouve aussi évidemment au niveau graphique et particulièrement dans son charadesign. Un design à première vue très enfantin qui n’empêche pas certains épisodes de nous plonger dans une ambiance complexe, presque effrayante, et sert à merveille l’humour et les divers caractères des personnages de la série. Le charadesign n’empêche pas pour autant de prendre les personnages et l’univers au sérieux tant l’ambiance de la ville est fouillée, et les légendes urbaines qui courent à propos de ces lunettes et du monde virtuel sont fascinantes. Le trait très du dessin est très grossier et assez épais, mais pourtant il reste très précis et n’est en rien hésitant, là aussi il est très rare de voir une série mêler avec autant d’habileté humour et sérieux avec pour seul objectif faire rire et réfléchir le spectateur. Le générique d’ouverture, quand à lui, abandonne quelque peu ce côté drôle pour servir à merveille l’ambiance énigmatique de la série, avec une musique très troublante et mystérieuse. L’ending est beaucoup plus classique, mais reste acceptable, mais dans tous les cas on s’y retrouve sans problème dans ce juste équilibre. Si l’humour est si agréable, c’est certainement parce qu’il nous plonge toujours dans la dérision pour transmettre des idées très graves et sérieuses, comme pour les persécutions, la guerre ou la mort d’un être cher. Une manière extravagante de ne pas tomber dans le pathos tout en exploitant au maximum l’univers virtuel et les caractères des personnages de la série.




Dennou Coil est donc une série immanquable pour les amateurs d’animés, qui y trouveront sans problème un grand bol d’air frais et une approche différente de l’animation japonaise. Sans aucun doute l’une des meilleures séries du début de l’année 2007, un régal pour les yeux et pour l’esprit pour peu qu’on prenne la peine de s’y attarder, et d’aller au-delà des apparences, parce que c’est bien là la particularité d’un monde virtuel : montrer une image décalée, inhabituelle du monde pour nous permettre de mieux le comprendre, de le défendre et de l’apprécier à sa juste valeur !

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